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Communiqué national des Jeunes Démocrates : Mariage pour Tous

20 novembre 2012 Aucun Commentaire

Mariage pour tous : aller de l’avant, construire le rassemblement

C’est bien souvent autour de ses mouvements de jeunesse que la famille centriste a trouvé ses lignes d’expression sur les grands sujets de société. Il paraissait donc impensable que les Jeunes Démocrates ne répondent pas présents dans le cadre du débat sur ce que le gouvernement a appelé « le mariage pour tous ».

Depuis plusieurs années déjà, les Jeunes Démocrates ont pris position en faveur d’une évolution de la législation de manière que couples homosexuels et hétérosexuels disposent strictement des mêmes droits et des mêmes devoirs. Ceci passe par ne pas faire de différence, ne serait-ce que dans l’appellation, entre les unions civiles selon qu’elles soient de caractère homosexuel ou hétérosexuel. C’est ainsi la meilleure garantie d’une égalité pérenne entre ces unions.

Cependant nous n’ignorons rien du poids de la tradition et de la religion dans la conception populaire du « mariage ». Pour une partie non négligeable de la communauté nationale le terme de mariage fait écho à une dimension sacrée. Celle-ci doit être respectée autant qu’on ne peut accepter, dans notre société républicaine laïque, qu’elle oblige aux évolutions des droits civils. La laïcité, dissociant la pratique cultuelle de celle des droits civils, a vocation à permettre la coexistence pacifiée, tolérante et respectueuse, de la sphère civile publique et des sphères religieuses privées. C’est en ce sens que nous eussions préféré que l’institution familiale civile, aujourd’hui constituée autour du terme « mariage », fasse désormais appel à une notion nouvelle du type « union civile » de manière identique pour les couples hétérosexuels et homosexuels, avec une similitude parfaite des droits et des appellations. L’usage du concept de mariage serait alors laissé au champ religieux.

Toutefois nous considérons que la situation actuelle doit progresser et que le débat parlementaire qui débute doit permettre une évolution réelle. Si nous regrettons l’imperfection du texte nous considérons qu’il marquera un large progrès dans notre société. Le signal qui serait envoyé, si nous refusions cette avancée serait dommageable favorisant les divisions au lieu de la recherche de convergences.

Nous appelons donc les parlementaires à permettre l’adoption du texte proposé par le gouvernement en ne votant pas contre. Nous respectons ceux qui feront le choix de l’abstention s’ils considèrent que le débat n’est pas arrivé à son terme ou que le texte est imparfait, mais nous les exhortons à ne pas favoriser le rejet du texte, et à se mettre dans le champ des progressistes et de la justice, afin que ce débat puisse, enfin, entrer dans une phase nouvelle.

Par ailleurs les Jeunes Démocrates souhaitent qu’on n’introduise pas dans ce débat le sujet de la PMA. Nous appelons en revanche à ce qu’un grand débat bioéthique puisse être ouvert prochainement sur les conditions de procréation en France qui n’a selon nous pas été suffisamment bien conduit ces dernières années. Ce débat ne doit pas être posé comme un débat différenciant entre les couples homosexuels et hétérosexuels. Il y a là un débat de société qui nécessite d’être mené en profondeur au travers d’un grand débat public. Le débat doit en particulier avoir lieu à l’aune des importants progrès de la science ces quinze dernières années et porter sur les implications respectives des différentes techniques. Il devra mener à une politique où couples homosexuels et hétérosexuels seront traités à égalité, autour d’une question de bioéthique.Derrière le terme, mal défini, de « procréation médicalement assistée » existent des actes d’une très grande diversité, du moins dans l’acception populaire du terme. Nous ne pouvons ignorer les différences entre des méthodes qui font appel à la manipulation nucléique voir génétique, avec d’autres méthodes d’assistance.

Nous considérons que ce débat ne peut en aucun cas être tranché dans un rapport de force parlementaire précipité. Il pourrait diviser de manière bien malheureuse une population qui a besoin d’unité, opposant couples homosexuels et hétérosexuels sur un débat qui ne devrait pas faire appel à cette nuance mais à la seule exigence bioéthique.

Pour les Jeunes Démocrates,
François-Xavier Pénicaud, Président ; Cyril Bègue, Vice-Pdt « Solidarités et égalité des chances » ;
Adrien Debever, 1er Vice-Pdt ; Christophe Masson, Vice-Pdt « éducation & citoyenneté ».

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