Crise à l’UMP, danse du ventre du Gouvernement : Quand les grands partis ne servent plus l’intérêt général…
Le charcutage médiatique entre Jean-François Copé et François Fillon face auquel nous sommes victimes depuis déjà 20 jours, masque une toute autre urgence : l’échec des négociations du sommet européen pour le budget 2014-2020.
Nous assistons, impuissants, à un déballage politique aux rebondissements si multiples que les médias d’information continue eux mêmes peinent à suivre. Le camp Copé et le camp Fillon s’affrontent dans une escalade, ou plutôt dans une dégringolade où la notion de pudeur est devenue le cadet de leurs soucis.
Du pain béni pour François Hollande et Jean-Marc Ayrault qui, peu avant de désavouer son Ministre du redressement productif en récusant la nationalisation temporaire du site de Florange, tentaient de se sortir d’une séquence délicate sur un sujet dont ils sont les instigateurs : le mariage et l’adoption pour les couples homosexuels. Rappelons en effet que selon ce dernier, les maires auraient le droit, au nom de la liberté de conscience, de refuser d’appliquer le projet de loi relatif au mariage pour tous ou encore de déléguer la tâche à un adjoint.
Bien que nous comprenions que l’exercice du pouvoir et la coordination des nouveaux ministres ne soit pas des plus aisées dans un gouvernement aussi hétéroclite et peu discipliné et que le Gouvernement donne aussi du fil à retordre aux médias, nous ne démordons pas. En effet, cette proposition dépasse de loin les frontières de l’entendement et ne peut être rangée dans la liste de couacs, de désaveux ou d’incohérences du Gouvernement. Il s’agit là d’une véritable boite de pandore, ouverte à toutes les dérives juridiques et morales. Juridiques, car « Nul n’est censé ignorer la loi » et encore moins les délégataires du pouvoir exécutif local. Il s’agit sans doute de l’une des plus importantes normes constitutionnelles de notre système politique. Abstenez vous de l’appliquer, et c’est toute la hiérarchie des normes qui s’effondre. Morales, car ces paroles, aussi illusoires et rectifiées soient-elles, ont été prononcées par la plus haute autorité exécutive: le Président de la République. Remettre en cause l’autorité de la loi, c’est remettre en cause l’autorité du Parlement, donc, la séparation des pouvoirs.
Dans ce climat difficile, la consigne du Gouvernement et du Parti socialiste est simple : essayons de nous faire tout petits, et laissons l’UMP s’autodétruire.
Plus que jamais, les lignes de fractures politiques et idéologiques traversent la gauche et la droite. Cette vérité maintes fois énoncée par divers observateurs de la vie politique française est aujourd’hui exposée au grand jour. A droite, l’opposition consacre la plus grande partie de son énergie à bafouer les règles morales de la vie politique tandis qu’à gauche, le Gouvernement fait la danse du ventre entre ses divers courants, ses partenaires mais aussi face à la réalité qui l’attend : nous sortir de la crise économique et éviter de nous plonger dans une crise politique.
Dans ce contexte d’irresponsabilités partagées, quelle place reste-t-il pour défendre aux yeux de tous une Europe fédérale dans le matche contre les souverainistes à travers le vote sur le budget 2014-2020 ? Quelle France défendra une Europe du progrès, qui ne deale pas le maintien de la PAC contre la réduction son budget au détriment d’une Europe de croissance et de compétitivité ? Quelle France défendra une Europe sociale, qui favorise une politique de cohésion à travers le maintien et la valorisation des fonds structurels ? Nous, démocrates, voulons une France qui se batte pour toujours plus d’intégration, une France qui se batte aussi ardemment qu’elle se bat pour préserver la PAC que pour mettre en oeuvre les outils de la stratégie de Lisbonne pour augmenter la croissance potentielle, tant grâce au Programme Cadre de Recherche et Développement Technologique que via les grands programmes d’investissement dans les réseaux de transport, télécom et énergie. Cette bataille passe par une défense d’un budget européen fort (supérieur à 1000 milliards d’euros), car c’est grâce à celui-ci que l’Union Européenne, et notamment ses États membres les plus démunis, pourront résister à la crise.
Malheureusement, ce budget ne représente qu’un 1% du PIB de l’Union contre 20% par exemple du budget fédéral des États-Unis. En outre, celui-ci sert encore de variable d’ajustement des budgets nationaux. Par conséquent, il importe de nous montrer intransigeants face aux prétentions toujours plus souverainistes de ceux qui sont prêts à sacrifier l’Europe sur l’autel de la solidarité.
Dès lors, puisque ni la droite, trop occupée à s’autodétruire, ni la gauche, en tentative de cure de santé ne prennent fermement la parole, il est de notre responsabilité d’appeler à ce que toute l’attention soit portée sur le deuxième sommet européen qui aura lieu en janvier. Car plus qu’un budget à définir, c’est une partie de l’avenir de l’Europe qui est en train de se jouer.
John Anderson Colorado, Président des Jeunes démocrates de Paris & Matthieu Delas, Jeune Démocrate de Paris.





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